Andrew Davis à propos de…  l’évolution des médias

En tant que fidèle partenaire de l’UBA Trends Day, Magazinemedia.be a eu le privilège de pouvoir interviewer Andrew Davis en exclusivité. La tête d’affiche de l’événement nous a entretenus sur le marketing de contenu et la publicité native, mais il a aussi éclairé de sa lanterne l’avenir des médias, qui à ses yeux renferme pas mal de chantiers…

De quel œil voyez-vous l’évolution que connaissent les médias ?

Les médias sont très lents dans leurs changements, surtout lorsqu’on compare cela à la vitesse côté marketing. Ça me déçoit. Les médias maintiennent une attitude traditionnelle face à la publicité et au marketing pour conserver leur modèle d’affaires. Il en découle qu’il leur est très difficile de trouver acheteur pour leurs produits publicitaires.

Expliquez-nous cela.

En 2012, j’ai tenté d’acheter un journal aux Etats-Unis. J’ai fait des tentatives pendant un an. Finalement, j’ai renoncé. Parce que les acteurs sont très pessimistes quant à l’avenir de leur propre industrie et que les collaborateurs n’étaient plus motivés.

Plutôt frappant que vous souhaitiez investir dans le print.

L’avenir du digital est le print. On produit tellement en digital que les meilleurs contenus doivent trouver leur petit bonhomme de chemin par le biais de sources crédibles, et que ces contenus doivent être résumés et commentés, encadrés de façon à ce que les gens puissent les consommer. Et alors on en arrive au print.

Que pensez-vous de la façon dont les acteurs média traditionnels s’accommodent des nouveaux médias ?

Ces dernières années, la plupart des entreprises média ont diversifié leurs sources de revenus. Tout a commencé par la publicité print, puis il y a eu la publicité en ligne, et maintenant on a la publicité podcast, la publicité vidéo, et cetera. De nos jours, les éditeurs offrent un menu de choses que l’on peut envisager, coulées à cœur joie dans toutes sortes de packages.  Dans ce cadre, de nouveaux médias comme le podcast – pour ne citer qu’un exemple – sont souvent offerts gratuitement si l’on s’engage pour une présence de 12 mois en print. Ainsi, les nouveaux médias ne deviennent jamais un succès au niveau revenus. Ni en termes d’utilisation, d’ailleurs. Parce que – par manque de budget – on n’investit jamais dedans.

En fait, les flux de revenus sont dissociés de la façon dont fonctionne le business média. Et c’est justement sur ce dernier qu’il faut se focaliser. Il faut se demander ce qu’on vend : un média, l’audience que génère ce média ou les data de l’audience du média… C’est ça, les questions fondamentales. Posez-les et il en découlera plus d’innovation, des collaborateurs plus heureux… Vous obtiendrez alors de nouveaux produits qui offrent une vraie valeur ajoutée et seront plus faciles à vendre. C’est là-dessus que doivent se concentrer les entreprises média.


Êtes-vous d’accord avec Andrew Davis lorsqu’il dit que le print est l’avenir du digital ?

  • OUI
  • NON
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Nous avons déjà donné la parole à Andrew Davis pour qu’il s’exprime sur le marketing de contenu et la publicité native.