Ce modèle publicitaire va-t-il sauver le journalisme libre ?

Et si vous pouviez faire en sorte que votre publicité soit la seule sur un site Web ? Ou alors, qu’en tant qu’éditeur vous diffusiez moins d’annonces sur votre site tout en en tirant plus de revenus ? Cela ne serait-il pas idéal ? Un tantinet invraisemblable, diront certains. Quatre marques magazine britanniques de deux éditeurs majeurs s’apprêtent pourtant à tester un nouveau modèle publicitaire qui vise à accomplir exactement ça. Est-ce là le salut du journalisme de qualité librement accessible ?

Nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises cette année sur ce site Web : les gens en ont ras-le-bol ! Ils se sentent bombardés et submergés de publicités et en décrient l’énorme quantité, la répétition constante et l’importunité, notamment on-line. Ils voient beaucoup trop souvent les mêmes annonces et n’apprécient pas le ciblage fondé sur leur comportement en ligne. Les annonceurs et éditeurs font face à un défi inédit.

Une seule annonce par semaine

Sans doute ce modèle publicitaire constitue-t-il un pas dans la bonne direction. Par semaine, les visiteurs d’un site Web ne doivent voir qu’une seule publicité pour obtenir un accès complet. Après avoir lu deux paragraphes, le Rezonence FreeWall apparaît, invitant le lecteur à visionner une annonce pour pouvoir poursuivre sa lecture. Journalistes et éditeurs ont donc deux paragraphes pour ‘tirer’ les lecteurs dans l’article. Ergo, il est immédiatement clair si le contenu offre suffisamment de valeur.

Rezonence Freewall in article example

Les lecteurs se voient ensuite proposer une question concernant la marque annoncée afin d’enregistrer le taux d’engagement. Bien que les éditeurs participants coupent toutes les autres publicités, ils en tireront finalement plus de revenus, puisque chaque lecteur leur rapportera ainsi plus comparé à des pages bourrées d’annonces.

Offre et demande suffisantes

Jusqu’à présent, ce modèle publicitaire n’est utilisé qu’avec d’autres modèles, comme les paywalls pour abonnés et autres publicités digitales. Et ce, chez des éditeurs de premier plan comme Condé Nast, Haymarket, Hearst, Bauer, TI Media. Ce test est le premier à faire appel à ce modèle en tant qu’unique source de revenus publicitaires pour les marques magazine. Bien sûr, il faut qu’il y ait suffisamment de demande de la part des annonceurs (pour garantir des revenus aux éditeurs) et d’offre de la part des éditeurs, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Il s’est aussi avéré qu’il n’était pas simple d’embrigader les agences média.

20 % de publicité

Le modèle verse 75 % des revenus aux éditeurs, parce que ce sont eux qui font le gros du travail avec un environnement rédactionnel de qualité. Il s’agit en effet justement de ne pas créer plus de journalisme attrape-clics, mais de lui substituer de la valeur pour le consommateur et de l’engagement pour les annonceurs. Rezonence va ‘enseigner’ au public à quel point le journalisme numérique peut être différent lorsque le choix ne se limite pas à une masse de publicités versus les paywalls. Le modèle doit assurer un équilibre entre rédaction et commerce qui soit plus proche de celui en télévision et en radio, avec 20 % de publicité par rapport à 80 % de contenu.

À suivre…

Source : The Drum

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