Colonne :  » Les magazines comme point de repère en ces temps de ‘post-truth’ « 

Que pense un expert qui a un peu plus de recul par rapport au média magazine de ce même secteur ? Comment ce dernier peut-il envisager l’avenir sans crainte ? Voici l’opinion de Marc Michils, directeur général de Kom op tegen Kanker et président du conseil d’administration des médias bruxellois néerlandophones (Vlaams-Brusselse Media), qui avec Bruzz a opté pour une approche cross-média.

Darwin nous l’a appris il y a bien longtemps : adapt or die. A l’image des espèces animales et végétales, les médias aussi doivent s’adapter à la nouvelle réalité et les magazines ne dérogent pas à la règle. Fort heureusement, ils disposent de pas mal d’atouts pour s’y  appliquer.

Ainsi, ils doivent plus que jamais devenir phygital. Le digital est le nouveau normal, sans que l’ancien normal – les périodiques – ne disparaisse. Dans ce monde digital, les magazines doivent toutefois trouver leur place, étendre leurs touchpoints.

Comparez cela à Bruzz, qui est une initiative innovante. Là aussi, nous avons rassemblé différents touchpoints sous un même dénominateur pour renforcer notre position par rapport à d’autres médias. Là aussi, nous nous sommes servis du digital pour chercher la complémentarité entre différents médias. Pour le même public cible, mais avec différents moments de consommation. Tout comme quand dans sa garde-robe on choisit autre chose en fonction de l’occasion…

N’y a-t-il alors (à terme) plus de place pour les magazines paraissant uniquement sur papier ? Probablement que si, mais alors le concept magazine doit être très ‘niche’, très spécifique.

En outre, le zeitgeist est à l’avantage des magazines. Il existe dans la société un besoin de lenteur, de justesse, de minutie, de tranquillité, de second thought, de réflexion profonde… Ce n’est pas moi qui le dis : c’est ce que disent tous les sociologues, psychologues et autres -logues. Le psychologue et professeur Dirk De Wachter en parle dans son ouvrage ‘De Wereld van De Wachter’ :

 » Dans les médias, c’est comme sur la piste d’athlétisme ; on court en trombe pour arriver les premiers. On n’a plus la patience pour attendre jusqu’à ce que l’information ait pu mûrir, jusqu’à ce qu’on ait pu en constater la pertinence et que les sources soient vérifiées. « 

 » Chaque jour, les médias doivent se réinventer. Leur première raison d’être réside dans le fait de nous raconter ce qui, en ce moment, dans le présent le plus étroit, est nouveau. « 

Dans ce contexte, les magazines doivent se réapproprier leur propre moment de consommation. Peut-être même en attaquant, de façon très assertive, la médiacratie ‘post-truth’, dans laquelle la vérité n’a plus vraiment trop d’importance…

L’adage ‘Je le sais, car je lis le journal’ ne vaut plus aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est devenu :  » Je le sais, je le comprends, je le vois, je le ressens « … Peut-être convient-il d’y ajouter :  » … et ce n’est seulement que lorsque je lis un magazine que je connais la vérité.  »

N’est-ce pas là une belle ambition en ces temps de ‘post-truth’ ?

Avec profondeur et envergure, en images et en paroles.

A travers une approche journalistique qui permette de faire éclater la vérité.

Marc Michils portrait

Marc Michils,
directeur général de Kom op tegen Kanker
et président du conseil d’administration des médias bruxellois néerlandophones (Vlaams-Brusselse Media)

 

 

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