Edmond Arnoys : « Les relations entre journalistes et publicitaires se sont fort apaisées ! »

Edmond Arnoys fait un de ces métiers de l’ombre de la presse écrite. Toutefois, il exerce des fonctions aussi discrètes qu’indispensables, dont on ne se rend pas toujours compte de l’importance quand on a journal sous les yeux. Focus sur la fonction de  » Print Planning Ad Operations Manager « , qu’il occupe chez IPM depuis une vingtaine d’années.

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Avec le mélange de modestie, d’abnégation et de réalisme qui le caractérise, Edmond Arnoys finira par vous l’avouer, mais juste à demi-mot:  » J’occupe un poste de l’ombre, entre le monde de la publicité et celui des journalistes, avec des aspirations pas toujours simples à concilier. Et, souvent, quand tout va bien, c’est grâce aux autres. Et quand il y a des soucis, c’est à cause de notre petit service. Mais j’en ai pris mon parti ! Depuis le temps, je résiste à ce genre de stress… « 

Mais, concrètement, en quoi insiste cette fonction à l’intitulé pour le moins complexe ?  » Je fais donc partie de l’équipe intermédiaire entre la rédaction et les commerciaux pour la  » Libre Belgique  » et la  » Dernière Heure « . Je m’occupe uniquement des publicités, pas de  » native content  » ou autre forme de  » publirédactionnel « . Nous couchons sur papier la pagination des journaux, en coordonnant la publicité directe provenant de nos commerciaux, celle qui vient des agences, et l’espace rédactionnel. Ensuite, nous faisons valider leur partie par les agences. Quand il le faut, nous procédons aussi au rappel du matériel chez nos annonceurs. Pour des plus petits clients, qui disposent généralement d’un matériel moins adapté, nous assurons nous-mêmes la mise en page, avant de présenter l’épreuve à ces derniers. Enfin, dans un autre registre, nous procédons aussi à l’encodage des publicités au niveau national. Afin d’anticiper, et donc d’éviter, tout risque de superposition de deux publicités, par exemple. « 

Les habitudes et besoins

Et puis, peut-être le plus important pour sauvegarder la paix des ménages et ne pas maladroitement empiéter sur des zones plus protégées, Edmond Arnoys connait également les habitudes et besoins des uns et des autres:  » Nous vérifions en effet aussi que l’emplacement choisi pour placer une publicité est accepté et acceptable. Par exemple, la page 3 de la  » DH  » ne peut être vendue parce que c’est généralement la page  » frais du jour « . Dans  » La Libre « , on peut vendre la 3 mais pas la 5, car il s’agit d’une ouverture de séquence, qui doit rester à sa place bien identifiée et proposer du contenu rédactionnel ! Il faut connaitre les spécificités de ses médias, cela évite bien des soucis. Même si les relations sont devenues très constructives entre tout le monde.  »

Même si ce travail d’équilibriste n’est pas toujours simple au jour le jour, Arnoys a cependant observé un fameux changement dans les mentalités depuis quelques années.  » Nous sommes nettement mieux reçus qu’avant par les rédactions ! Avant, se dressait parfois un véritable mur entre la publicité et les journalistes. Tandis que maintenant, les relations sont nettement plus ouvertes et souples. Tout le monde est désireux de trouver une solution « , précise celui qui a commencé chez IPM, en 1982, avant d’arriver, de fil en aiguille, à son poste actuel, qu’il occupe depuis deux bonnes décennies.  » Quand je me retourne sur toutes ces années, se souvient-il, je crois que la plus grosse évolution dans ma fonction tient au fait que je suis passé du trio crayon-latte-gomme à l’informatique. « 

Le digital ne remplace jamais complètement le papier

Et quel est, d’ailleurs, le regard de cet observateur avisé sur l’informatique et la presse en général ? Sur cette disparition du média papier que certains professent depuis des années ?  » Je ne crois pas que le digital va, un jour, complètement remplacer le papier. Une baisse des ventes, oui ! Une disparition des journaux, non ! Quand je lis un article de  » La Libre  » sur deux ou trois pages, je continue à trouver le papier plus confortable. Et puis, le journal papier pousse peut-être davantage vers la découverte. Quand vous lisez sur un écran, vous choisissez les rubriques qui vous intéressent et vous passez peut-être à côté d’une ouverture à d’autres choses. Une lecture papier permet, elle, de papillonner entre ce que l’on veut lire et les découvertes que l’on peut faire en tournant les pages « , conclut Arnoys, devenant presque lyrique quand il s’agit de parler de ces médias papier qu’il aime tant. Et à qui il a consacré toute sa vie professionnelle !

Edmond Arnoys

   

 

   Edmond Arnoys

   Print Planning Ad Operations Manager

   IPM

 

 

 

 

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