La colonne de Davy

Prêt pour la renaissance du print ?

Comment Davy Caluwaerts voit-il l’avenir du média magazine ? A ses yeux, il sera digital, interactif et débordera de professionalisme. Même lorsqu’il est en vacances, le directeur général de ZenithOptimedia Belgium ne cesse d’y réfléchir…

A la mi-octobre, Nike a lancé la chaussure de sport autolaçante. La Nike Mag, alias la mythique paire de baskets lunaires à laçage automatique de Marty McFly dans le second opus de Retour vers le Futur, est la chaussure de rêve pour tout Millennial. Je fais défiler l’article.  » The future is real « , dit fiévreusement Wallpaper* Magazine.  Ça m’a donné chaud, certes, mais il faut dire qu’il fait 32 degrés et que je suis en vacances au bord de la piscine où il n’y a que très peu d’ombre. Pour le reste, je ne lui trouve cependant rien de positif, à cet autolaçage. C’est officiel : nous vivons docilement sous la coupe de l’automatisation.  J’ai beau, jour après jour, chanter les louanges de cette même automatisation et être reconnaissant de la façon dont l’interconnectivité rend ma vie (tant professionnelle que privée) plus facile, à mes yeux l’authenticité l’emporte quand même, pour certaines choses.

C’est déjà la troisième chronique que je rédige pour magazinemedia.be. Depuis ma première contribution, on m’a régulièrement demandé de participer à des workshops et des présentations sur la façon dont le print parvient à se maintenir. Je ne veux à tout prix pas être une version belge aigrie de Tyler Brûlé. Par contre, je veux bien quelque peu faire contrepoids – en ligne avec le discours de Tyler pour finir quelque part au milieu.

Ce qui n’empêche que je trouve les questions qui me sont posées difficiles.  » Comment s’armer contre la digitalisation ?  » Eh bien, ne vous armez pas. Il n’est même pas question de lutte, c’est la réalité. Je trouve que le print part trop souvent d’une position de victime auto-désignée. Dans une argumentation, je déteste partir des faiblesses de l’autre. Partez de vos propres forces, c’est un discours beaucoup plus fort. Pour moi, trois choses vont déterminer l’avenir du print:

DIGITALISATION – L’impression numérique augmente les possibilités, la rapidité et la qualité du print.

INTERACTIVITÉ – L’électroluminosité et les couleurs thermiques sont des techniques utilisées depuis des années déjà. De nouveaux développements rendront le print et la rédaction encore plus interactifs. Ne manquez pas de jeter un œil sur ce que les Londoniens de MultiAdaptor ont fait pour Think with Google avec le bloc-notes connecté.

MÉTIER – Avec l’authenticité, les métiers de la mise en page et de la rédaction sont revalorisés.

D’une façon ou d’une autre, la technologie est le moteur d’une nouvelle renaissance du print. Au moment où ça se gâte, les meilleurs se réinventent. Cette réinvention, nous la réalisons en nous remettant en question ( » En quoi excellons-nous ? « ), et surtout en distinguant les opportunités que nous apporte la digitalisation. Chemin faisant, nous devons opérer des choix. Car oui, je crois en la rationalisation. Le paysage ne sera plus aussi étendu, mais plus qualitatif, plus réduit. Les questions majeures, pour moi , sont les suivantes :

  1. Sommes-nous une marque magazine, et donc pas uniquement une plate-forme print ?
  2. Que peut offrir le print de plus en termes d’expérience de marque magazine ?
  3. Quid de notre périodicité ? Devons-nous toujours paraître chaque semaine ? Ou devons-nous évoluer vers des éditions de type ‘magabook’ ?

Je me ferai un plaisir d’emporter en vacances les magazines qui parviennent à me fournir une réponse à ces questions. Sur ce, je range ma tablette. Le soleil frappe trop fort, la connexion WiFi n’est pas suffisamment bonne et je vois entrer mes mails. Il est temps de profiter d’un moment de je-noue-mes-propres-lacets.