La lecture digitale (lire : diagonale) modifie notre cerveau

Tout comme, il y a 6.000 ans de cela, notre cerveau a dû s’adapter à de nouveaux modes de communication (l’écriture exigeant un décodage complexe), ce même cerveau subit aujourd’hui une nouvelle transformation pour pouvoir lire de façon optimale en digital. Le digital est en fait synonyme de lecture diagonale ou superficielle : nous scannons les textes et ‘browsons’, soit flânons et feuilletons tout au long de la navigation. Nous sommes ainsi en mesure de digérer une portion quotidienne de 34 GB de data. Le danger existe toutefois que, dans la foulée, nous perdions des capacités importantes liées à la lecture sur papier : une compréhension plus approfondie du sens, le sens d’analyse critique et l’empathie.

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Les études sur ce sujet menées dans différents pays arrivent toutes à la même conclusion : la lecture d’un texte sur papier demande tout autre chose à notre cerveau que la lecture sur écran. L’adage  » use it or lose it  » a donc toute sa place ici. Il s’avère que les étudiants d’aujourd’hui éprouvent déjà plus de difficultés à procéder à une ‘lecture profonde’ de textes, avec pour conséquence moins d’empathie, un moins bon souvenir et la perte de leur capacité d’analyse critique. Ils préfèrent éviter les matières complexes et sont aussi plus sensibles à la désinformation et aux ‘fake news’.

Le cerveau bilatéral

Face à l’offre d’information gigantesque dans les formats les plus divers (vidéo, audio, image, texte) et au travers d’un éventail de canaux de toutes sortes, il devient tout simplement indispensable pour notre cerveau de traiter l’information différemment. Ce n’est donc pas une question de ‘retour aux modes anciens’, mais plutôt un défi constitant à ajouter de nouvelles aptitudes (telle que la lecture diagonale) à notre cerveau sans perdre les précieuses anciennes. Quand les étudiants se mettent à éviter tous les textes qui leur paraissent compliqués ou difficiles à comprendre, nous avons un gros problème en tant que société…

 » Nous sommes à un point charnière entre l’imprimé et une culture numérique « , dit Maryanne Wolf, l’auteur du livre ‘Reader Come Home: The Reading Brain in a Digital World’.   » Nous devons découvrir quelles sont les aptitudes que nos enfants ne développent plus et ce que nous pouvons faire pour y remédier.  » Une série d’études démontrent que la lecture du papier améliore la compréhension, l’analyse et le souvenir. De plus, elle aide le lecteur à développer de l’empathie pour des thèmes et des personnes. Selon Wolf, il est dès lors important que l’enseignement de jeunes enfants passe dans un premier temps par du matériel imprimé, auquel la technologie numérique ne viendra alors s’ajouter que plus tard.

Sources : Two Sides The Guardian

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