« Le journalisme live offre des possibilités » : les éditeurs belges s’inspirent de leurs collègues étrangers

Récemment, nous avons proposé sur ce site un aperçu d’initiatives innovantes lancées au-delà de nos frontières. Qu’en pensent toutefois nos propres éditeurs ? Nous le leur avons demandé.

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« Le journalisme live », répond immédiatement Philippe Belpaire, Directeur Général de Roularta Media lorsque nous lui demandons quelle tendance venue de l’étranger l’inspire. « Il offre la possibilité d’interagir encore plus rapidement avec sa communauté, avec laquelle on entretient des contacts quotidiens ou hebdomadaires. »

Pour Belpaire, les moyens d’en arriver là sont aussi bien rédactionnels que commerciaux.  « À l’instar du Standaard ou de la VRT, nous pourrions amener nos journalistes devant un public autour d’un thème spécifique, mais nous pourrions tout aussi bien intégrer un partenaire commerciale dans la démarche. En collaboration avec Renault Espace, nous avons organisé une soirée en 2017 où des gens comme Jean-Paul Van Bendeghem et Jeff Neve sont venus parler de leur passion. »

Dans la pratique

Thierry Hottat, Marketing Manager Advertising chez Produpress, cite lui aussi le journalisme live comme source d’inspiration majeure, même s’il élargit immédiatement le champ d’action. « Donner vie à ses titres et entrer en contact avec ses lecteurs, c’est de cela qu’il s’agit. »

« En couplant un endroit ou une ambiance à sa marque, on amène le lecteur à avoir une autre sensation », poursuit-il. « En outre, cela vous apprend beaucoup au sujet de votre lecteur. Nous, chaque année nous réalisons une étude biennale sur l’avis de nos lecteurs et surfeurs. Nous en tirons également un tas d’enseignements. »

Produpress a aussi franchi le pas vers ce qu’on pourrait appeler du journalisme live. « En septembre 2018, nous avons organisé pour la première fois les SUV Days », explique Hottat. « Le temps d’un week-end, les gens pouvaient y tester 39 modèles de 15 marques. Quelque 90  % de nos 1.800 visiteurs ont déclaré que de cette façon ils avaient découvert de nouveaux modèles. De plus, nous avions aussi prévu des ‘labos’ avec nos journalistes. Les lecteurs pouvaient par exemple apprendre comment utiliser un système d’aide au stationnement. Là aussi, les lecteurs entrent en contact avec nos journalistes et ces derniers en apprennent beaucoup sur le comportement et les points de vue de nos lecteurs. »

What’s next?

Les événements constituent donc un moyen excellent de mettre en pratique le journalisme live. De plus, ils offrent aussi la possibilité de proposer d’autres expériences. Pas besoin de se limiter au journalisme.

What’s next? Quelle est la prochaine tendance que les éditeurs belges voient venir vers notre pays ? Le fait de payer pour du contenu en ligne, avancent nos deux interlocuteurs. « Nous sommes persuadés qu’il est possible de monétiser le contenu en ligne », dit Thierry Hottat. « Pour cela, il faudra évidemment disposer de capacités techniques, car il faut veiller à ce que ce soit hyper simple pour votre lecteur de payer. Ça ne peut pas être un seuil. »

Hottat cite l’exemple du Guardian, le journal anglais qui, en lieu et place d’un abonnement, permet aussi de faire une donation. Thierry Belpaire et les siens ont récemment pris une autre initiative : depuis peu, les abonnés d’un des titres Roularta se voient aussi offrir l’accès au contenus en ligne d’autres titres du groupe. « En échange de quelques euros de plus, votre abonnement devient bien plus intéressant », explique-t-il. « Nous avions en effet remarqué qu’il existait peu de chevauchement dans notre fichier d’abonnements. Nous pouvons d’ailleurs aussi offrir aux annonceurs le surcroît de visiteurs sur les différents sites Web. »

Reste à attendre un premier site magazine belge qui offre la possibilité de faire un don…

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