Le storytelling mobile : ce qu’apportera l’avenir

Trois éléments mouleront le storytelling mobile dans les années à venir : la longueur du texte, la vidéo et la personnalisation par IA. C’est l’enseignement que les développeurs de plateformes d’édition multicanales tirent des succès et déconvenues des tout derniers prototypes provenant de fournisseurs comme Google, BBC, Axios et Quartz. Dans un premier temps, tout sera surtout placé sous le signe de tests de nouveaux formats : place au fameux ‘trial & error’ avant que les marques et les médias ne parviennent vraiment à maîtriser le smartphone.

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Nous ne nous trouvons qu’au tout début du storytelling mobile natif, prévient CCI Europe, développeur de plateformes d’édition. L’internet mobile vient à peine d’entamer son adolescence (il est né en 2007). La nature personnelle et intime du smartphone, associée à l’utilisation toujours plus importante, ainsi qu’aux technologies toujours plus ingénieuses et aux écrans toujours plus larges (récemment il y a même eu l’introduction de l’écran pliable), en font le phénomène prometteur de demain pour les médias et les marques.

Un quart du budget marketing destiné au smartphone

Avec chaque année que le secret d’une communication mobile réussie reste entier, de l’argent reste intouché. Et ça, personne ne peut en fait se le permettre, car les marketeurs estiment que d’ici cinq ans pas moins de 25 % de leur budget sera consacré au marketing via smartphone. Il s’agit dès lors de développer dare-dare des formats qui seront parfaits pour qui veut offrir du contenu smartphone et de la publicité native via le petit écran.

Outre les formats testés par la BBC évoqués dans cet article, il en existe quelques autres d’intéressants, comme AMP Stories (Accellerated Mobile Pages) de Google, The Guardian Smarticles et Smart Brevity de Quartz. Le fonctionnement de tous ces nouveaux formats nous livre les enseignements suivants, dixit CCI :

  1. La vidéo prend le relais. Cela n’a évidemment rien de surprenant, mais il fallait d’abord que la technologie permette de servir l’utilisateur impatient au doigt et à l’œil. Les textes courts serviront encore principalement d’introduction à la vidéo.
  2. Le format texte du print (500 à 800 mots) ne fonctionne pas sur smartphone. Tout contenu devra soit être inférieur à 500 mots, soit supérieur à 800. Le Quartz Smart Brevity y pourvoit en abrégeant les textes à moins de 500 mots.
  3. La personnalisation au travers d’un storytelling orienté données. À l’avenir, nous devrons pouvoir raconter un récit de mille façons différentes à mille utilisateurs différents. Ici, l’IA apportera une solution, comme le fait en quelque sorte déjà un peu The Guardian Smarticles en proposant aux lecteurs, à l’aide d’algorithmes, de petits blocs de contenu pertinent toujours renouvelés.

La formule magique fondée sur ces enseignements doit encore être inventée. Les entreprises média et technologiques s’y appliquent assidûment, dans l’espoir de pouvoir rentrer ces budgets marketing d’ici quelques années.

Source : FIPP