Les 5 sens : plein la vue

Notre série sur les sens touche à sa fin. Dans ce dernier épisode, nous analysons plus en profondeur comment les annonces magazine sollicitent notre vue. Cela semble – et c’est – évident, mais il en découle parfois des campagnes surprenantes. Souvent grâce aux nouvelles technologies.

Depuis que les magazines ont réussi à également utiliser des images mouvantes, l’expérience n’en est devenue que plus riche. Prenez l’édition spéciale du magazine de cinéma Empire. Celle-ci arborait un lecteur vidéo en couverture qui permettait de visionner deux clips évoquant la nouvelle sortie de ‘Fantastic Beasts’ : un ‘behind the scenes’ et une bande-annonce.

Chevrolet aussi a déjà fait appel à la vidéo en magazines. Dans Esquire et Popular Mechanics, la marque a publié une double page contenant un mini-écran sur lequel passait un spot publicitaire : cliquez ici.

 

Chevrolet magazine ad with video

Cela fait d’ailleurs déjà quelques temps que les images mouvantes sont utilisées en magazines. La grande première revient à une annonce parue en 2009 dans Entertainment Weekly.

Hologramme et RV

D’autres technologies aussi peuvent faire rouler de gros yeux. Dans Fast Company, le constructeur automobile Porsche s’est par exemple servi d’un hologramme. Le numéro a été diffusé à 50.000 exemplaires à l’attention d’abonnés fortunés soigneusement sélectionnés. Une des pages contenait un prisme en acétate et des instructions pour l’assembler et l’utiliser. En plaçant le prisme sur une tablette tandis qu’une vidéo était lancée:

Si Porsche prétend avoir produit la première annonce holographique interactive, nous ne voulons pas passer à côté d’une tentative antérieure de  KitKat au Japon. En période d’examen, le boys band populaire DISH// y offrait aux étudiants un divertissement plus que bienvenu.

La réalité virtuelle a elle aussi déjà fait son entrée. Ainsi, NME et Google ont offert aux lecteurs une visite aux studios d’Abbey Road. Pour y arriver, ils ont distribué 80.000 casques de réalité virtuelle Google Cardboard. Dotés du viseur et de l’appli Inside Abbey Road, les mélomanes pouvaient jeter un œil dans les studios de musique légendaires, où tant de disques iconiques ont été enregistrés  (dont ceux des Beatles).NME VR Abbey Road Studios

Exposer la couverture au soleil

Quant à la réalité augmentée, ça fait plus longtemps déjà que son usage est établi. Pensons à la campagne Axa chez nous. Ou à celle que Rossel a réalisée pour la marque 3Suisses. Via une appli smartphone,  les lecteurs de Victoire pouvaient voir en couverture un mannequin présenter différents vêtements et poser pour le photographe. A la fin du clip, on pouvait directement cliquer pour accéder au site Web et au webshop de 3Suisses, où les lecteurs étaient alors libres de se procurer sans délai le ‘look’ présenté.

Enfin, les nouvelles technologies se laissent aussi exploiter à des fins de sensibilisation. La National Health Insurance Company a ainsi imaginé une campagne inédite pour attirer l’attention des gens sur les carences en vitamine D. Et, par la même occasion, pour y remédier. Les couvertures vides d’une série de magazines aux Emirats arabes unis, dont Good Magazine, se remplissaient en effet de contenu lorsqu’on exposait leur encre photosensible au soleil.

De la vieille école

Cependant, tout ne doit évidemment pas toujours tourner autour de technologies nouvelles. Les campagnes plutôt classiques peuvent elles aussi offrir une ‘vue’ surprenante. C’est ce qu’ont démontré Mortierbrigade et Humo aux alentours du Nouvel An. Sur une (partie de) page, ils ont inséré une annonce pour une action autour de livres érotiques, tandis que sur une autre (partie de) page ils ont publié une annonce pour une marque totalement dissociée. Ce n’est pas un hasard si entre les deux publicités une interaction s’est développée : ainsi, le joueur de tennis dans l’annonce pour l’Antwerp Open avait tout l’air de taper sur le postérieur de la dame qui se tenait dans l’autre annonce.

Humo campagne Mortierbrigade

Tout cela pour dire que le papier permet de faire des choses surprenantes qui visuellement titillent ou étonnent le lecteur, voire lui font rouler de gros yeux. Le papier ne manque en tout cas pas de possibilités créatives.

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