Rockstr, à la frontière entre gratuit et payant

rockstr2En termes de population et de complexité linguistique, la Suisse est comparable à notre pays. Comment alors se fait-il qu’un magazine culturel comme Rockstr y tient bon depuis plus de 10 ans déjà, tandis que chez nous plus personne ne connaît encore Outsoon ou Move-X ?

Comment préserver l’équilibre entre gratuit et payant ? La publication suisse Rockstr en livre probablement un des plus beaux exemples. Pour y arriver, le mensuel culturel met en pratique le principe du ‘give to get’. On peut gratuitement l’emporter dans bon nombre de magasins de vêtements et de disques dans le vent et il est distribué lors de festivals et après des concerts, mais quiconque souhaite vivre l’expérience toute entière et intégrer la communauté doit prendre un abonnement annuel (qui revient à 69 francs suisses, soit un peu moins de 65 euros).

rockstr3L’abonné reçoit alors gratuitement Rockstr dans sa boîte aux lettres, en plus d’une carte de membre et d’un T-shirt exclusif. Le plus pratique, toutefois, sont sans doute les nombreuses réductions et autres boni, comme les 10 % de réduction sur le site e-commerce CeDe.ch, ainsi que les grosses réductions sur des billets de festivals. Rockstr couple d’ailleurs souvent son abonnement annuel à la vente de billets de festivals. Pensez à un abonnement annuel gratuit à l’achat d’un pass festival pour l’ensemble du week-end Rock Werchter, ce qui au décompte revient encore toujours moins cher que le pass festival séparé.

Du coup, le titre tient bon dans un marché difficile. Il a un tirage de 50.000 exemplaires et touche ainsi 115.000 lecteurs.

Plus que la culturerockstr4

Abstraction fait de son modèle d’affaires, Rockstr – qu’il ne faut pas confondre avec le Rockstar Magazine américain – est un des magazines les plus singuliers de Suisse. Il s’adresse explicitement aux jeunes fans de culture, sans se cantonner à ce domaine. Le pilier le plus important est clairement la musique : les interviews et les critiques de nouveaux albums sont le pain quotidien du magazine. En outre, il s’ouvre aux films, à la technique (comptes rendus de nouveautés, qu’il s’agissse d’appareils audio ou de voitures), aux vêtements, à la vie nocturne, mais aussi aux thèmes de société. Si vous voulez notre avis, l’intégration des sujets de société dans le concept du titre demande d’ailleurs encore quelques efforts. Il s’agit souvent d’un seul dossier, qui du coup ne semble pas vraiment avoir sa place dans le magazine.

En ligne, on se focalise par ailleurs sur la culture avec, surtout, une fonction agenda et des critiques. Le site est sans doute le plus gros point à améliorer pour Rockstr. Il y a fort à parier que les nombreux partisans (plus de 30.000 fans sur Facebook) souhaiteraient pouvoir bénéficier d’une offre en ligne plus fournie, voire d’outils pour planifier leurs visites de concerts.

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