Tape Op Magazine : « We want to discuss making art »

Un magazine pour techniciens du son qui place l’art au-dessus de la technique. Et qui est de surcroît gratuit. Voilà ce qu’est Tape Op Magazine. Bienvenue dans le modèle d’affaires le plus simple au monde !

On dit parfois qu’à chaque niche son magazine. La meilleure preuve de la véracité de cette boutade est peut-être bien Tape Op Magazine. Celui-ci s’adresse en effet aux ingénieurs du son, musiciens et autres producteurs, bref à tout le monde qui s’investit dans le côté technique de disques et de CD.

Fait d’autant plus saillant : Tape Op Magazine – d’après l’auxiliaire du technicien du son chargé de pousser sur les boutons en fonction du canal d’enregistrement – est une publication gratuite. La version papier est envoyée par les éditeurs à quiconque la demande, pour autant que l’intéressé se trouve aux Etats-Unis. Elle affiche aujourd’hui un tirage de 70.000 exemplaires.

Tape Op podcastsLes habitants des autres continents peuvent lire le titre gratuitement en digital. Sur Internet, le magazine est mis à disposition en versions PDF et ‘Web’. Et puis, il y a des podcasts. Bien évidemment, serions-nous enclins à dire… Pourquoi le titre n’existe pas uniquement en digital ?  Parce que ses créateurs refusent de faire des choix. A la question de savoir s’ils sont contre les enregistrements numériques, ils répondent : « No, we’re not pro-analog either. Tape Op is about making the best recordings possible with the tools available, regardless of whether they’re analog or digital. »

Le modèle d’affaires du magazine est très simple : il vit par la grâce des annonceurs. Ceux-ci sont présents en grands nombres dans Tape Op Magazine. Le public particulièrement spécifique est bien sûr un rêve pour les distributeurs de matériels audio et d’enregistrement. Il va de soi que le fait que le magazine est produit dans un pays immensément grand (avec une foule d’annonceurs potentiels) aide à maintenir à flot le modèle d’affaires.

Quatre fois par an, ce public peut se régaler des écrits de ses pairs et ses idoles : producteurs et techniciens du son évoquent des enregistrements mémorables, il y a des critiques de produits et on y retrouve les rubriques qui reviennent dans quasi tous les numéros. Même si l’accent n’est clairement pas sur le côté technique de la chose. « We want to discuss making art », dixit les fondateurs, qui tiennent les rênes depuis 1996. Difficile de leur donner tort.

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