Tendances en matière de fake news (mieux : de désinformation digitale)

On pourrait croire que les ‘fake news’ sont une invention récente, mais les commérages, les médisances et la propagande (car c’est de cela qu’il s’agit essentiellement) sont de tous les temps. Cependant, plus que jamais la diffusion rapide et massive via les médias numériques en fait une menace croissante pour notre société et notre mode de vie. Il est grand temps qu’on réfléchisse sérieusement à des contre-mesures et un ‘antidote’ contre les fake news,  aussi parce que celles-ci ont un impact considérable sur la publicité et les médias. Entre-temps, un expert américain parle même de ‘l’infocalypse’ imminent.

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Une meilleure connaissance du phénomène et des tendances constituant un bon début. Nous nous sommes plongés dans une série d’études récentes. D’abord, la bonne nouvelle : fort heureusement, la plupart de nos compatriotes ont toujours confiance en les médias, à savoir 78 % des néerlandophones et 64 % des francophones, les médias classiques recueillant de bien meilleurs suffrages que les médias sociaux. Cela correspond d’ailleurs bien avec ce qu’on a pu constater dans d’autres pays. L’étude réalisée par Kantar TNS à la demande de Trustmedia auprès de 5.000 Belges révèle toutefois que la peur des fake news croît. Selon 70 % des répondants, l’infox influence l’opinion publique au niveau international. Selon 68 %, cela vaut aussi en Belgique.

On ferait d’ailleurs bien de remplacer le terme ‘fake news’ par ‘désinformation digitale’, car depuis les élections américaines de 2016 le terme a si souvent été détourné à outrance, que sa vraie signification s’est diluée. (Selon Collins Dictionary :  » false information, often sensational, spread under cover of reporting « .)

Impact sur les élections ?

Les réseaux sociaux – Facebook en tête, suivi par Twitter – jouent un rôle majeur dans la désinformation. Ce sont aussi ces entreprises qui ont le plus à y gagner : plus il y a de clics et d’interaction, plus Facebook et Google encaissent des revenus publicitaires. On croirait presque qu’il y a là une bonne raison de ne pas prendre des contre-mesures trop rapidement…

Une étude au sujet de Twitter réalisée par le célèbre institut M.I.T. a conclu que sa diffusion est justement très forte au niveau politique. Il est donc sans doute justifié qu’en Belgique, deux tiers des gens craignent un impact sur les résultats électoraux, même si 62 % est bel et bien convaincu de pouvoir faire la part des choses entre faits et fables (Kantar TNS).

Dans une étude d’Auxipress, nous avons retrouvé quelques résultats spécifiques pour le marché belge, dont la confirmation que chez nous, la désinformation est toujours surtout un phénomène politique. Donald Trump y est le plus souvent associé. Mais en Belgique, en 2017, la N-VA a intégré le top 20 des questions liées aux fake news. En cette année électorale qu’est 2018, le MR aussi figure dans la liste.

Les fake news se répandent 6 x plus vite

M.I.T. a aussi pu déterminer que la désinformation se répand 6 fois plus vite que l’information solide et que la responsabilité n’en incombe pas aux robots, mais, en grande partie, à l’être humain. Il s’avère même que la désinformation a 70 % plus de chance d’être retweetée. Ce qui est nouveau, surprenant et choquant provoque chez les gens un réflexe de retweet. Quiconque ne souhaite pas contribuer à la désinformation, fait donc bien de d’abord compter jusqu’à dix.

En 2016 en Belgique – l’année des attentats de Bruxelles et Zaventem –, la désinformation a reçu beaucoup d’attention en relation avec la sécurité et le terrorisme. En 2017 et 2018, elle a été un peu moins ostensiblement présente (environ 9 % des contenus médias). L’attention se déplace dès lors davantage vers des thèmes sociétaux comme la religion (2017) et l’immigration (2018).

Assurer la sécurité de marque

Les entreprises aussi sont frappées de manière croissante par la diffusion de la désinformation (étude Auxipress) : de 12 % en 2016 à 14 % en 2018. Il s’agit donc d’être vigilant et de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de marque et contenir l’impact de fausses informations sur l’image et la réputation de la marque et de l’entreprise. Sans parler de tout l’argent jeté par les fenêtres pour financer des clics générés par des robots.

Que devons-nous faire dans le monde de la publicité et des médias ? Le rapport Auxipress suggère de limiter les dégâts via 5 axes :

  1. vérification des faits ;
  2. journalisme professionnel ;
  3. labellisation des sources d’information ;
  4. nous-mêmes, forcer les mesures à prendre par les plateformes de médias sociaux ;
  5. réglementation.

Envie d’en savoir plus ? Lisez le rapport complet ici

Source :  » Fake News « , la désinformation en mode numérique de Lucille Fitch, Auxipress – Etude Facts & Figures, MM news, Kantar TNS

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