Uncovered: TIME Magazine

Lorsqu’il est question de couvertures qui font la une partout, on tombe bien vite sur TIME magazine. Ces dernières années plus que jamais, cette marque magazine s’est distinguée avec des couvertures provocatrices qui, en une seule image, racontent toute une histoire. Il est donc logique que le deuxième volet de notre série ‘Uncovered’, d’après le livre d’Ian Birch, s’intéresse à l’histoire derrière les couvertures TIME.

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Lors de la création de couvertures iconiques, TIME ne semble reculer devant rien. Il s’agit souvent d’œuvres d’art signées par le directeur créatif D.W. Pine (qui a déjà plus de 400 couvertures à son actif), réalisées en collaboration avec des artistes, photographes et illustrateurs (comme Edel Rodriguez). Chacune d’elles reproduit éminemment l’essence de moments culturels, de sorte à garantir un impact émotionnel instantané. De par leur focus rédactionnel, les magazines d’information et d’opinion se retrouvent évidemment dans une position idéale pour s’y atteler, mais TIME a transformé la couverture provocatrice en une stratégie. (Lisez aussi : Les couvertures de magazines, porte-voix de la résistance.)

D.W. Pine explique : « La couverture de TIME cristallise ce qu’il y a d’essentiel dans un simple espace graphique et impactant de 8 pouces sur 10 et c’est cette conservation de contenu qui est tellement puissante à une époque où la plupart de nos images, si pas toutes, nous sont présentées brièvement pour déjà disparaître le lendemain. » Une couverture est capable de percer l’encombrement et le brouhaha de tweets, d’une information 24/24 et 7/7 et de voix concurrentes tous azimuts.

Ce qu’il y a d’intéressant aux couvertures TIME, c’est qu’elles ne se servent pas toujours de texte. Parfois, une seule image (illustration, élément graphique ou photo) est tellement forte que rien d’autre n’est nécessaire, comme pour la couverture où l’on voit la Maison Blanche se transformer en Kremlin. Beaucoup de gens voient désormais aussi les couvertures en digital, où il est également possible de créer des couvertures animées. C’est ce qu’utilise aussi la marque magazine dans sa promotion de numéros spécifiques sur Twitter et Facebook.

Il va de soi que le gouvernement Trump reste un des sujets majeurs pour TIME, mais comme le révèle la vidéo, il y a suffisamment d’autres thèmes politiques et sociétaux pouvant garantir une couverture éloquente. Pensez à l’article sur la technologie de drone, pour lequel 1.000 drones se sont envolés (link), mais la détention d’armes à feu et l’élection de Brett Kavanaugh ont également servi d’inspiration.

Les couvertures ne sont pas le seul fait de D.W. Pine. Comme pour la plupart des magazines, il s’agit d’un travail d’équipe, qui parfois demande des heures de brainstorming et dix propositions différentes avant d’en arriver au meilleur résultat final. Le rédacteur en chef, Edward Felsenthal, a toujours le dernier mot en la matière.

Entre-temps, Edel Rodriguez, précédemment cité, s’est forgé une renommée internationale avec ses illustrations de Trump, principalement en réduisant le personnage à son expression la plus simple, une image, s’apparentant à un logo, devenue quasi aussi reconnaissable que le ‘swoosh’ de Nike : la chevelure jaune, la peau orange et la bouche ‘bêlante’. Rodriguez dit : « J’essaye de rendre quelque chose tellement simple que ça continuera à interpeler à long terme. »

Ce ‘logo Trump’ n’a pas seulement été utilisé pour les couvertures de magazine de TIME et Der Spiegel, mais est ensuite aussi apparu dans des marches de protestation. L’œuvre de Rodriguez se laisse dès lors télécharger facilement à cette fin précise.

Sources : Uncovered, FIPP