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Interview Marc Dupain, general manager The Ppress

Le droit d’éditeur, le rôle transparent sur le marché publicitaire et la collaboration, voilà les éléments clés du plan d’attaque de Marc Dupain, le directeur de The Ppress, initiateur de ce site Web. Une interview s’imposait, un an après qu’il y ait pris ses fonctions.

Voilà exactement un an que vous êtes à la tête de The Press. En quelle mesure votre vision de la presse périodique a-t-elle changé durant cette période ?

J’y ai retrouvé un paysage particulièrement varié. On y trouve quelques acteurs d’envergure, mais à côté de cela aussi beaucoup d’acteurs plus modestes. La presse périodique dans le nord du pays est différente de celle dans le sud. Et les différences sont nombreuses : B2B versus titres à grand public, free sheets, éditeurs en ligne, …

Ce n’est pas un secret : le secteur est sous tension, mais je vois surtout des éditeurs très actifs, créant des produits professionnels crédibles et de qualité. Bien sûr, on ne peut pas changer les coutumes et habitudes du consommateur. Celui-ci est ‘always on’. Il s’agit donc de constamment rechercher les bons moyens de gérer ces mœurs qui évoluent.

Le média magazine n’a en effet pas facile sur le marché des lecteurs. Quel est leur principal atout ? 

Le print, les magazines en tête, a un grand lien émotionnel avec le consommateur. Les gens parlent de ‘mon’ Télémoustique et ‘mon’ Flair. Ces dernières années, ce lien s’est encore vu renforcé par l’organisation d’événements, par l’offre de services supplémentaires, par la combinaison print + on-line + vidéo. Les marques magazine sont devenues de véritable marques centrées sur l’expérience.

Cet atout vaut-il aussi pour le marché publicitaire ?

Absolument. Ce lien émotionnel entre le titre et le lecteur, l’annonceur peut le prolonger vers sa marque. D’ailleurs, tous les touchpoints supplémentaires génèrent eux aussi une foison de données, qui, lorsqu’elles sont croisées, ont valeur d’or pour les annonceurs.

Quels sont les défis auxquels fait face le média magazine ?

Le défi principal pour les éditeurs est le modèle de revenus. Primo, le consommateur est habitué à la gratuité et il doit être prêt à payer pour l’information et l’expérience magazine. Chaque éditeur est en train de travailler sur cet aspect-là. Secundo, nous devons encore davantage attirer l’attention des annonceurs sur la qualité de nos produits et la garantie de la ‘brand safety’. Avec le média magazine, pas de boîte noire de data, mais des résultats concrets et transparents après chaque action. La crédibilité et l’effet des campagnes sont les plus importants dans les magazines, comme le révèlent bon nombre d’études. Ils forment un élément indispensables dans la construction d’une marque. Tertio, les éditeurs doivent aussi pouvoir monnayer leurs efforts au niveau de la distribution. À l’image des câblo-opérateurs devant payer les chaînes TV pour le contenu, les éditeurs aussi doivent pouvoir arracher un même arrangement auprès d’acteurs Internet comme Facebook. Il faut créer un droit d’éditeur.

À vos yeux, quelles sont les tâches réservées à The Ppress dans ces domaines ?

Il revient à une association professionnelle de ‘servir’ ses membres et d’en défendre les intérêts. Nous voulons avant tout nous y atteler en rassemblant les gens, en collaborant avec autrui et en entamant le dialogue. Pour ce qui concerne ce droit d’éditeur, nous sommes impliqués dans les discussions qui se tiennent non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau national. En outre, nous collaborons cependant aussi de façon toujours plus étroite avec d’autres associations, comme l’UBA et l’ACC. Nous menons en effet un combat commun : veiller à ce que l’argent publicitaire soit sagement investi.

Par ailleurs, je relève un besoin croissant de connaissances, de recherche. Même les institutions scientifiques et les écoles ont une connaissance très limitée du média magazine. À ce niveau, nous avons déjà pris des initiatives et lancé des collaborations.

Des initiatives concrètes sont-elles en chantier ?

Nous planchons pour le moment sur diverses choses. Outre le fait de faire valoir la richesse du marché aux yeux des institutions de recherche et de connaissance, la collaboration plus étroite avec d’autres associations professionnelles et la lutte pour le droit d’éditeur, nous faisons fortement pression pour des taxes équitables. Nos éditeurs sont prêts à apporter leur contribution, mais leurs efforts en matière d’écologie mériteraient aussi d’être récompensés. En outre, les subventions d’Etat pour les formations au sein du secteur de l’édition devraient être élargies. Tous les produits étant aujourd’hui multimédia, les défis le sont aussi.

Enfin, il y a aussi le rapprochement avec l’UPP, l’Union des Editeurs de la Presse Périodique, avec laquelle nous organisons des séminaires autour de Changing Media. Nous voulons également mettre en exergue les atouts des magazines lors de notre congrès MAGnify*.

Quel est l’objectif de MAGnify ?

Nous comptons brosser l’état du secteur pour les annonceurs et les agences média et créatives , nous focaliser sur les atouts en termes de multimédialité et véhiculer le dynamisme caractérisant le secteur. Avec, entre autres, des orateurs comme l’observateur des médias Juan Senor, le spécialiste du marketing médiatique Francois Mariet, le spécialiste du natif Jesper Laursen et Karen Hellemans de JBC, je suis convaincu que nous y arriverons.

MAGnify logo - magazine media congres

 

 

 

 

MAGnify a lieu le 6 octobre 2017 à Bruxelles. Participation sur invitation uniquement. Les invitations seront envoyées début septembre.

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