Surfez sur

WeMedia

Uncovered : les règles sont faites pour être transgressées

Quand on établit des règles pour la créativité, que ce soit en publicité ou pour une couverture de magazine, il n’y plus qu’à attendre qui les enfreindra en premier. Quand tout le monde utilise de la couleur dans sa publicité, le noir et blanc se fera, effectivement, soudain remarquer. Ce principe vaut également pour les couvertures des magazines de mode, comme nous l’a si bien montré en 1977 le Vogue britannique.

Peu de magazines sont aussi iconiques que Vogue (lisez aussi : Vogue, le N° 1 des magazines de mode). La marque, fondée en 1892, est depuis bien des années le numéro un des magazines de mode et dans un avenir proche elle ne semble pas encline à céder sa place à quelque média que ce soit.

Vogue UK cover February 1977Généralement, les couvertures des magazines de mode ne brillent pas par leur originalité, car il existe une poignée de règles séculaires que l’on ne transgresse que très rarement :

  • ne pas montrer d’aliments (et certainement pas quelqu’un qui mange !!) ;
  • ne pas utiliser de vert (ça ne vend pas) ;
  • toujours regarder dans les yeux.

Il est donc d’autant plus surprenant de constater qu’avec la fameuse couverture de février 1977, l’art director du Vogue britannique, Terry Jones, a fait fi de toutes ces règles.

A l’époque, Vogue publiait deux fois par an un numéro dédié à une seule couleur et la couleur dominante de l’édition en question était le vert. Le rédacteur de mode a eu l’idée de demander à un modèle de manger de la gelée verte, mais les premières prises n’ont pas vraiment convaincu. Quelqu’un a ensuite avancé l’idée de faire un close-up, avec le 150 Hasselblad du photographe, des dents plantées dans la gelée.

En 1977, pour voir le résultat il fallait évidemment encore patienter jusqu’à ce qu’on ait sous les yeux des épreuves, mais toutes les personnes concernées ont immédiatement réalisé qu’il fallait que ça devienne la couverture. Couchée sur le papier glacé, la photo saisissante s’apparente presque à une œuvre d’art abstraite et vous saute aux yeux.

La rédactrice en chef britannique, Beatrix Miller, et le patron de la filiale britannique, relativement nouveau, ont marqué leur accord avec l’expérience audacieuse. La couverture n’a pas été soumise pour approbation au rédacteur en chef pour les Etats-Unis et l’Europe à New York.

C’était sans compter sur le patron européen, Daniel Salem, qui, lors de la mise sous presse, a vu ce qu’avait concocté l’équipe britannique et a crié au meurtre. Ceci n’était pas une couverture Vogue ! La couverture s’éloignait tellement des pratiques habituelles, que peu d’observateurs parvenaient à s’en faire une idée.

Fort heureusement, on n’a plus pu arrêter les presses et c’est devenu le numéro le plus rapidement vendu de l’année.

Source : Uncovered

Plus d’inspiration :